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samedi 1 mars 2008

Quelle stratégie maintenant pour Jean-Claude Gaudin?


Les sondages, ah ces p*tain de sondages! Voilà qui vous abattent un homme au sommet de sa forme, qui vous mettent le doute sur votre réélection... Jean-Claude Gaudin est vraiment au plus mal en ce moment. Il ne peut plus compter sur Jean Roatta ("ce con" selon le mot d'un collaborateur du maire), Jeannot s'est fait torpillé tout seul par le SCUD Mennucci, sûr de lui et de ce qu'il avance, comme s'il connaissait depuis toujours le 1/7 comme sa poche (en fait il s'est super bien fait briefé par André Varrèse, Sarkozyste convaincu rallié en décembre au camp Guérini). Gaudin ne peut plus compter également sur Valérie Boyer, trop à l'étroit entre la baronne Andrieux et le facho Stéphane Ravier "Elle s'aperçoit enfin qu'elle n'est pas dans un secteur facile nous glisse une huile UMP. Le 13/14 c'est quand même un secteur verrouillé par Andrieux avec l'argent de la Région [NDLR: Sylvie Andrieux est la vice-présidente de la Région PACA]. Et puis la Boyer, elle pensait battre Andrieux comme elle avait battu Masse, ce n'est pas aussi simple, elle s'en aperçoit maintenant". Le 13/14 était secrètement l'objectif de Gaudin. Avec la baisse de Sarko et la remontée du Front, le maire est obligé de réduire sa voilure. 1/7 perdu, 13/14 perdu, il ne reste au maire de Marseille que le 4/5, où là aussi Guérini et Muselier procèdent à un collé-serré.

Communiquer

Alors quelles solutions pour Jean-Claude? Le maire de Marseille rêve secrétement de refaire le coup de Defferre, c'est-à-dire gagner la mairie avec moins de voix que son adversaire. Oui mais comment? D'abord en entrant franchement dans la campagne, en payant de sa personne, en oubliant pour 15 jours qu'une campagne c'est très fatigant pour un homme de 68 ans dépassant allègrement les 100 kilos. Il va falloir se bouger! En interne, Claude Bertrand, l'éminence grise de Gaudin depuis 40 ans, est mis sur la touche. On lui reproche de ne pas avoir vu venir le décrochage de Sarko dans les sondages et d'avoir trop longtemps freiné pour partir en campagne. Aujourd'hui, il semble que ce soit Marc Vanghelder qui tienne la barre.
Qui est cet homme? Marc est en quelque sorte le Spin doctor de Gaudin, un communicant qui suit le maire depuis son entrée au Sénat en 1989. Petites lunettes rondes, costumes impeccables, Marc a pris depuis quelques jours les choses en mains pour donner un nouveau souffle à la campagne de Gaudin. Première obsession, arrêter de s'engluer dans le bilan. Personne ne s'est fait réélire sur un bilan (n'est-ce pas Lionel Jospin) alors il faut mettre le paquet sur les projets. Certes, encore faut-il qu'il y en ait des projets... Deuxième point, il faut refaire des affiches, celles en place sont trop dénigrées. Pas de logo UMP (les sarkozystes sont perdus) et des photos d'américains pour illustrer la diversité marseillaise. Problème, le camp gaudin n'a plus de sous pour refaire faire des affiches. Parce que les géodes aux quatre coins de la ville, les plasmas, les apéros, c'est bien beau mais ça coûte cher...

Se Droitiser

Mais la grosse discussion porte sur le discours à tenir pendant ces 15 derniers jours. Et cette problématique: ne faudrait-il pas droitiser le discours, eu égard à un Front national qui monte? Quelques sorties à l'emporte pièce pourraient stopper ou du moins diminuer l'hémorragie d'électeurs vers le FN. Mais là-dessus, Gaudin semble hésiter. Depuis 1988, dealer quelque chose avec le FN semble tabou chez le maire de Marseille. Et il hésite même à tenir des discours droitiers, pour ne pas être soupçonné de draguer cet électorat là. Il essaye quand même, utilisant le terme "socialo-communiste" (comme Le Pen en son temps) pour parler de l'équipe Guérini. C'est trop prudent malgré tout, pour faire revenir dans son camp les électeurs partis chez Stéphane Ravier.
Perdre la mairie ou perdre la face, c'est le dilemme chez Gaudin en ce moment.

mercredi 27 février 2008

Pourquoi Jean-Claude Gaudin est en position de faiblesse...


Dans sa réunion publique du 3ème secteur (le fameux 4/5 où tout semble se jouer...), Jean-Claude Gaudin m'est apparu lundi soir à la salle Vallier bien fébrile. Je ne dis pas ça pour les gouttes de transpi qui auréolaient ses dessous de bras ou qui perlaient sur son front pendant son discours. La bonhommie pagnolesque du maire de Marseille a disparu. Gaudin avait 22 pages de discours, dont 90% consistaient à défendre son bilan, de la manière habituelle et selon son credo et créneau de campagne "la Réussite de Marseille vous réussit". Il n'en aura lu que 11 avant qu'il sombre dans une improvisation tout azimut mêlant attaques contre Guérini-Mennucci, bilan et réflexions gaudinesques sur son amour de Marseille. Au total, l'effet produit est mauvais. C'est un galimatias , un mauvais ragoût où surnage quelque bons morceaux noyés dans une diatribe despérée. Car en ce moment Gaudin est désespéré. Il sent enfin qu'il peut tout perdre et sa réaction désordonnée est le signe d'une grande inquiétude.

Triple effet Kiss Cool

Inquiétude qui vient d'abord des sondages. Des sondages en forme de fil de débrouissailleuse. Le premier te secoue, le deuxième t'abime, le troisième t'arrache. Le sondage LCM-OpinionWays plaçait Guérini au niveau de Gaudin pour la première depuis le début de la campagne. De quoi secouer un maire sortant si sûr de gagner encore 2 semaines avant. Deuxième coup de semonce pour le bateau UMP, le sondage Paris-Match qui donne Guérini en tête au premier tour avec 40% d'intentions de vote devant Gaudin 36%. Triple effet Kiss Cool, le Figaro confirme la tendance au premier tour (40% Guérini et 37% Gaudin) et pire, pour la droite, donne Jean-No vainqueur au second tour avec 51%. Les sondages c'est aléatoire mais là quand même ça fait beaucoup...

Les nazillons reviennent au nid

Inquiétude ensuite parce que le Front National monte.
Les fachos fâchés avec Le Pen en 2007 reviennent au bercail en 2008. Principale explication à ce phénomène, ils ont voté Sarko, ils sont déçus, ils vont donc à nouveau voter FN. Stéphane Ravier n'a même pas besoin de faire campagne. Même en cirant ses mocassins à glands, les intentions de vote pour lui montent, à la faveur des dérapages présidentielles. Il est pas idiot de penser que comme d'habitude, une présence FN en triangulaire favorisera plutôt la gauche que la droite. Dans le 7ème secteur (13/14), on peut malheureusement penser que Ravier fera pas loin de 15% des voix. Adieu donc dans ces conditions une victoire de Boyer. La droite qui nourrissait quelques espoirs réduit donc la voilure et se concentre sur le 1/7 où Jean Roatta est mal de chez mal et surtout sur le 4/5. Il suffirait qu'elle gagne un seul de ces deux secteurs pour être in extremis reconduite.
Mais vu les sondages, la dynamique plutôt chez Guérini que Gaudin, la campagne calamiteuse de Roatta, celle pas terrible de Muselier, Gaudin doit surement quelques sueurs froides, quelques auréoles sous les bras et quelques nuits sans sommeil. On le comprend...


samedi 23 février 2008

Pourquoi le Sondage LCM-OpinionWay est intéressant...


Un sondage, on est d'accord, ce n'est qu'un sondage: "une photographie à un instant T d'une opinion publique" selon la définition habituellement donnée. Ce ne sont que des prédictions d'instituts, grassement rémunérés pour l'occasion. 2, 3, 4000 euros en fonction du nombre de sondés.
Que Gaudin et Guérini soit à 50/50 à moins de 3 semaines des élections municipales, je trouve ça intéressant. D'abord pour le candidat de la gauche. Il est parti quand même de très très loin l'ami Jean-No au mois de septembre, quand il a annoncé sa candidature. "Il est petit, dyslexique, il n'a aucun charisme, Gaudin va le pulvériser" pouvait-on entendre à ce moment-là. Aujourd'hui, avec ses efforts, sa campagne, Guérini est au niveau. Il n'a pas battu Gaudin mais on a une vraie opposition, un vrai match avec sa tension, ses envolées, ses coups bas. Gaudin ne peut plus ne pas faire campagne, comme il l'espérait secrètement. Il est obligé de descendre dans l'arène et de mettre des coups. Son vernis discursif pagnolesque vole en éclats, il est obligé de révéler sa vraie personnalité. Avoir Guérini au niveau de Gaudin permet aux électeurs de voir Jean-Claude dans une autre posture que celle de maire de Marseille bien installé. Désormais, ils le voient en candidat... Et je trouve ça bien pour la démocratie. Car il n'y a peut-être que dans l'imaginaire de Claude Bertrand, celui de Marc Vanghelder, que Gaudin puisse être élu sans faire campagne. Maintenant, les deux vont être obligés de débattre!

50/50, ça signifie aussi une chose: que Gaudin n'est pas Defferre, qu'il ne fait pas autant l'unanimité qu'il veut bien le prétendre. Il y a sans doute dans l'électorat marseillais des déçus du gaudinisme, des gens qui ne comprennent pas pourquoi la rue de la République est vide aujourd'hui alors qu'avant elle logeait des gens (certes dans des conditions parfois incertaines). Pourquoi les transports en commun sont en bernes dans les quartiers nords, pourquoi un habitant sur 3 voire sur 2 est au chomage dans les 13ème, 14ème, 15ème, 16ème arrondissements? Pourquoi sur le chantier de la tour CMA-CGM on ne trouve pas de marseillais des quartiers, alors que selon Gaudin on construit là le nouveau "phare de la ville"? Certains marseillais n'ont pas le sentiment que la réussite de Marseille leur réussit.
50/50 veut dire aussi que Guérini n'a pas gagné malgré sa campagne tout azimut, si j'ose dire, sarkozienne. Il y a encore des doutes sur les promesses de Jean-No, sur son financement et sur ses conditions de réalisation.
Chacun doit donc faire campagne. Tant mieux pour la démocratie, tant mieux pour nous, tant mieux pour moi.

Ce sera serré!!!

MARSEILLE (AFP) — Le maire UMP de Marseille Jean-Claude Gaudin et son rival socialiste Jean-Noël Guérini sont à égalité (50%) d'intentions de vote pour le second tour des municipales, selon un sondage OpinionWay pour la chaîne de télévision La chaîne Marseille (LCM).

Au premier tour, la liste Gaudin obtiendrait 42% des suffrages devant la liste Guérini (40%), suivi des listes FN (9%), MoDem (5%) et extrême-gauche (4%).

21% des sondés n'expriment pas d'intention de vote au premier tour, 22% au second tour.

Le score du FN pourrait lui permettre d'atteindre la barre des 10% dans certains secteurs et de provoquer des triangulaires, notamment dans le 3e secteur, considéré comme un secteur-clé, où l'UMP Renaud Muselier, premier adjoint, affronte M. Guérini.

Dans l'hypothèse d'une triangulaire au second tour, les listes UMP et PS arriveraient à égalité (47%), le FN recueillant 6%. Dans l'hypothèse d'un duel, la liste Muselier arriverait en tête avec 51% des intentions de vote.

La gauche détient actuellement trois secteurs sur huit à Marseille. Pour devenir majoritaire, elle devrait en conquérir deux.

Outre le 3e secteur, le rapport de force est également serré dans le 1er secteur où les listes PS (Patrick Mennucci) et UMP (Jean Roatta) seraient à égalité au second tour.

Le sondage a été réalisé auprès d'un échantillon représentatif de 1.307 personnes (402 inscrites sur les listes électorales du 1er secteur, 404 dans le 3e secteur et 501 dans les six autres secteurs), âgées de 18 ans et plus, échantillon constitué selon la méthode des quotas. Les interviews par téléphone au domicile des personnes ont été réalisées du 15 au 19 février.

mardi 19 février 2008

La liste des courses (bis)

Oui bon d'accord, peut-être que je me suis légèrement planté dans mes prédictions de mon post précédent. France Gamerre, Joseph Garguilo, Philippe Berger sont encore là.

Mais alors quelle surprise (?) de voir les deux banquiers de la ville de Marseille être sur les listes de Jean-Claude. En premier lieu Charles Milhaud, "l'homme qu'on ne présente plus" (dixit le site de Gaudin). Président du directoire des Caisses d'Epargne, Charles se dit amoureux de Marseille, lui qui est né à Sètes. D'accord, monsieur le banquier, mais peut-on être plus précis? Non? Ok on va le faire pour vous. La Caisse d'épargne est LA banque de la ville de Marseille. Peu de projets immobiliers ou d'investissements n'échappe aux noisettes de l'Ecureuil. Des exemples? Qui détient majoritairement le capital de La Chaine Marseille? A qui appartient depuis 2003 la Logirem, un des plus gros bailleurs social de Marseille? La Caisse.
N'y a-t-il pas confusion des genres? Il y a des fortes chances, vu sa position et le secteur dans lequel il se présente que le petit père Charles soit élu. Au prochain appel d'offre pour un marché public à Marseille, il sera nécessaire d'être vigilant avec les agissements de la Caisse d'épargne.
Etre juge et partie, il fait fort notre bonhomme.
A ceci près que ce mandat pourrait être une sorte de parachute pour Charles Milhaud. Pas sûr en effet que le Groupe Caisse d'épargne laisse les choses en l'état. D'abord parce que ce mélange des genres pourrait faire tâche dans le milieu soft de la banque. Et puis parce que Charles Milhaud pourrait être débarqué: investissements hasardeux et crise des Subprimes qu'il n'a pas vu venir, Charly pourrait sauter.

"Fontaine Fontaine, je ne boirais pas de ton eau"

Plus fort que Milhaud, Jean-Claude Gaudin a recruté sur ses listes un certain Philippe de Fontaine Vive-Curtaz, un nom à rallonge comme le CV du bonhomme. Enarque, ancien du Ministère des Finances, Philippe est aussi le vice-président de la banque européenne d'investissement, la BEI, la banque qui a prêté à la ville de Marseille les 800 millions d'euros du tramway. Vous savez la banque qui a soit-disant obligé Gaudin à procéder à une délégation de service public en octobre 2005 (ce qui est faux) et qui a coûté aux marseillais de marcher à pied pendant plus d'un mois... La BEI est aussi présente dans la rénovation des hôpitaux marseillais. L'homme est aussi administrateur de la CGA-CGM et de la SNCM mais aussi d'Euromeditéranée. Un vrai couteau suisse le Fifi!
Soucieux de son appétit, Philippe a déjà vu la grosse part du gateau qu'il pourrait recevoir en se faisant élire. Problème c'est dans le 1/7 et en face de lui, il y a Mennucci.

lundi 28 janvier 2008

A quoi joue Guy Tessier?


C'est vrai qu'il se serait bien vu ministre le Guy après les législatives de 2007. A la défense pourquoi pas, puisque c'est son domaine, son dada, sa marotte depuis qu'il est président de la commission de la défense à l'Assemblée Nationale. Las, le député-maire de secteur, à bientôt 63 ans, a raté le coche.

"Concentrons-nous sur la campagne électorale avant de nous partager les places"

Et puis voilà, badaboum!, voilà que Guy Tessier revendique maintenant le poste de premier adjoint en lieu et place du fatigué et fatigant Renaud Muselier. C'était le 20 décembre dernier sur le plateau de La Chaîne Marseille. "Ce qui m'intéresse c'est de pouvoir jouer un rôle qui puisse être une plus-value pour la ville et pour les Marseillais... De toute façon, il n'y a aucun problème entre Renaud et moi. Donc les choses se feront dans la concorde et dans l'amitié". Concorde et amitié quand on connaît les deux lascars, on ne peut que rigoler.
Alors pourquoi cette annonce? Pourquoi Guytou monte-t-il au créneau? Selon la presse locale, Tessier veut mettre la pression sur son frère ennemi Gaudin pour que celui-ci le recommande auprès de Sarkozy afin d'obtenir le maroquin ministériel tant désiré. Soit. L'explication est plausible.

Calife à la place du calife?

Mais sans doute, Tessier a une autre idée derrière la tête. Son secteur est un de ceux qui fournit le plus grand nombre de conseillers municipaux. Sa copine Valérie Boyer (celle qui a débarqué le socialiste Christophe Masse de son siège de député en juin 2007) convoite le 13/14, lui aussi grand pourvoyeur en conseillers municipaux. En cas de victoire de Boyer, les "Tessiéristes" formeraient un groupe conséquent au conseil municipal. Guy Tessier aurait donc les moyens de revendiquer la place de premier adjoint.
Dernier point. Dans les milieux autorisés, on chuchote que, même en cas de réélection en mars, Jean-Claude Gaudin n'ira pas au terme de son nouveau mandat car JC se verrait bien présider le Sénat, une sorte de retraite tranquille. Et qui serait alors Maire de Marseille? Le premier adjoint pardi!!!
En tout cas Guy Tessier sait calculer: soit il est ministre soit il prend la place de Gaudin, lequel souffrirait bien plus que lors de ses crises de goutte (ah bon vous n'étiez pas au courant?).
Enfin, il y a quand même un détail de taille: il faut que Boyer gagne contre Sylvie Andrieux, ce qui n'est pas fait tant la blonde socialiste tient son secteur.


Bouquin contre Bouquin

N'en déplaise à ceux qui n'aiment pas Internet, la web campagne et ses videos 2.0, les municipales marseillaises se jouent aussi dans les librairies.

A gauche, Jean-Noël Guérini a dégainé le premier en publiant "Marseille, le temps du changement" (Editions du l’Aube - 208p pour 6,5 euros - pas cher au kilo!!). Un livre où le candidat socialiste dialogue avec Jean Viard, le sociologue de renom ne servant ici que de faire-valoir. Alors quoi? Ben pas grand chose... On y apprend que Jean-No est un brave marseillais qui revendique aussi ses origines corses. Bien, d'accord, what else? Qu'il réussit à faire le grand écart entre une foi catholique réelle et un attachement aux valeurs laïques de la république, un peu comme Ségolène pendant la présidentielle. Bon. Qu'il veut être un maire à plein temps. Ok il l'avait déjà claironné depuis plusieurs semaines, fatigant au passage les journalistes qui attendaient d'autres réponses à leurs questions. Que le port autonome est le poumon économique de Marseille avec 20 000 emplois induits et qu'il tient au côté industriel des bassins Est. Bon ça aussi il l'avait déjà dit. Et qu'il est pour la piétonnisation du vieux port.

En clair, ce livre est d'abord un grand déballage, parfois indigeste, du candidat Guérini, un avant goût de son programme qu'il devrait rendre public le 6 février prochain. Et Jean Viard dans tout ça? Ben il fait ce que l'on lui a dit de faire: d'être une sorte de porte-micro de Guérini. Dommage, j'en attendais un peu plus de celui que je lisais sur les bancs de la fac.


A droite, Jean-Claude Gaudin a répliqué par une biographie écrite sous la plume de deux journalistes de France-Bleu Provence David Aussillou et Laurent Grolée. Ca aurait pu s'appeler "Gaudin sa vie son oeuvre" mais Jean-Claude a préféré "Une vie pour Marseille". Là encore, comme dans le bouquin de son rival socialiste, le Maire sortant ne nous apprend rien. On sait qu'il est fils d'un maçon modeste de Mazargues, qu'il est catho, qu'il a connu son premier émoi politique en écoutant Germaine Poinso-Chapuis, que c'est Defferre qui l'a intronisé au conseil municipal grâce à une ouverture politique. Le point de départ d'une carrière politique accomplie qui de cet ancien prof d'histoire-géo un conseiller général, un député, un ministre, un sénateur et même un président (de PACA et de MPM). D'ailleurs, si les deux journalistes de france-bleu avait été un peu moins complaisants, on aurait aimé quelques précisions sur l'élection de Jean-Claude au conseil régional de PACA grâce au soutien du FN de l'époque. Mais chut! Faudrait quand même pas démythifier et démystifier le monument Gaudin. Bref, cette biographie est pour le curieux que je suis un coup d'épée dans l'eau.
A quand la biographie-programme de Bennahmias?

jeudi 24 janvier 2008

Le terrible Leviathan de la mairie centrale



A 62 ans, Claude Bertrand pourrait aspirer à une vie paisible de retraité. Bedaine en avant, cheveux poivre et sel, grosses lunettes et costume-cravate classique, l'actuel directeur de cabinet de Jean-Claude Gaudin pourrait partir à la pêche au large du Frioul après une vie politique bien remplie. Parce qu'en 40 ans de carrière politique à Marseille, Claude Bertrand a tout connu ou presque. Mais malgré les coups, malgré les ennuis judiciaires, il reste parce que c'est un drogué du pouvoir.


"Imbu de lui-même et colérique"

Claude Bertrand n'a jamais été élu et n'a jamais suscité les faveurs des suffrages, restant toujours fonctionnaire. Certaines mauvaises langues diront qu'il préfère l'ombre à la lumière, son orgueil démesuré ne supporterait pas une défaite des suffrages. Il forme en cela la partie obscure du maire de Marseille. Autant Jean-Claude Gaudin aime la tchatche pagnolesque et la scène politique, autant son directeur de cabinet aime la discrétion rassurante de son bureau municipal. Après tout, pourquoi se mouillerait-il quand le tout-UMP marseillais se presse chez lui pour obtenir son adoubement?
Car c'est lui qui décide de qui sera candidat ou pas et en quelle position. Souvent, la décision tombe comme un couperet, sans discussion possible, unilatéralement. Pour obtenir ses faveurs, il vaut mieux ne pas le contrarier et faire le poing dans la poche. Y compris pour les proches du maire de Marseille. Même Jean Roatta, "ami de 30 ans" de Gaudin, a du mal à en placer une avec Claude Bertrand, connu pour ses colères homériques et sa rancune tenace. Celui qui se le met à dos a du souci à se faire pour sa carrière.

Une fronde anti-Claude Bertrand?

Un élu de droite confirme: "il est impossible pour moi de prendre rendez-vous avec Gaudin sans passer par la case Bertrand. Il veut tout contrôler, tout voir, tout savoir pour mieux protéger le maire. Et devant lui, il faut faire carpette car monsieur voit tout, sait tout et contrôle tout. On est dans un rapport de maitre à élève. C'est pénible de se savoir épié à ce point là alors que je connais depuis si longtemps le Maire".
Avec cette gestion ultra-centralisée de la droite et en ces périodes de constitution de listes, pas mal d'élus de droite s'interrogent. Plusieurs d'entre eux n'acceptent pas de voir leur carrière politique être soumise au bon vouloir de Claude Bertrand et ne sont pas prêts de faire "carpette" pour obtenir au final une place de conseiller de secteur. André Varrèse, longtemps très proche de Jean Roatta, lui, a franchi le pas. Il a rejoint la liste Guérini, alors qu'il a aidé Roatta à se faire réélire député en juin 2007 et qui se dit sarkozyste convaincu. Avec lui, les prémisses d'une fronde anti-Bertrand?

Mes ennemis les journalistes

Claude Bertrand a une autre particularité: il hait les journalistes. "Les journalistes de gauche et même les journalistes de droite. Il les accuse de ne pas faire correctement leur métier, de mentir, de vouloir porter atteinte au maire. Je ne compte plus les coups de fils que j'ai reçu de Bertrand, juste pour me mettre la pression après un article paru" souffle un journaliste. Pire, Claude Bertrand n'hésite pas à leur faire la leçon, quand les propos vus ou entendus ne lui plaisent pas. Lors des dernières législatives, en pleine soirée électorale, il n'a pas hésité à convoquer dans son bureau la jeune journaliste de LCM pour lui indiquer ce qu'il fallait dire et ne pas dire à l'antenne. Et de lui dire qu'il ne supportait pas Michel Samson, journaliste plutôt de gauche présent sur le plateau de la chaîne locale. Manière de mettre la pression. Le Léviathan de la mairie veut aussi contrôler les médias locaux et parfois nationaux (mais avec moins de succès). Et la liberté de la presse dans tout ça? Tant pis pour elle, pour protéger le Maire de Marseille, tous les moyens sont bons.
Cette volonté de mettre au pas les journalistes vient sans doute de l'affaire Saincené où Claude Bertrand s'est retrouvé dans la position incorfortable de l'accusé sous les yeux avides des caméras. Pour en savoir plus sur cette affaire:
http://www.humanite.fr
http://www.ina.fr







mercredi 23 janvier 2008


"Alors voilà ça y est! Il s'y met lui aussi, comme si il n'y avait déjà pas suffisamment de blog sur les municipales à Marseille".
Voici en substance ce que certains d'entre vous pourraient penser en arrivant sur "Marseille La campagne". Je suis d'accord qu'il y a déjà beaucoup de blogs sur le sujet mais, à mon goût, ils ne vont pas assez loin dans l'information. Plusieurs explications à ce phénomène. D'abord, la plupart sont des blogs de militants. Pro-gaudin, pro-guérini, pro-ci, pro-là, le contenu peut s'avérer intéressant parfois mais souvent il est loin d'être objectif.
"Marseille La Campagne" entend vous donner avec le plus d'objectivité les faits de cette campagne pour les municipales. Ces fameux à-côtés que les médias négligent faute de temps ou de volonté, mais qui constituent le sel d'une campagne et sont, le plus souvent, les clefs de compréhension des faits et gestes de chacun.
"Marseille La Campagne " ne milite pour aucune liste, aucun candidat. Il se veut libre dans ces propos, dans ces choix de sujets. Bref ce blog est indépendant.